Comment acheter un immeuble locatif?

Vous envisagez d’acquérir un immeuble locatif? C’est une alternative intéressante aux placements grâce aux revenus locatifs. Mais il vous faudra d’abord relever quelques défis.

Vos opportunités

En Suisse, les placements immobiliers sont parmi les plus populaires. Rien d’étonnant à cela, car même dans l’environnement actuel de taux bas voire négatifs, ils promettent à leurs propriétaires des rendements comparativement stables et élevés. Par ailleurs, l’immobilier est moins exposé aux fluctuations de la Bourse et offre une bonne protection du patrimoine en période de forte inflation.

Défi n° 1: le choix de l’objet

Pour que l’acquisition d’un immeuble locatif soit rentable au final, différents facteurs doivent toutefois être pris en compte. Comme pour les autres biens immobiliers, le principe suivant s’applique: «Tout est dans la situation.» La qualité de l’emplacement se mesure par exemple à l’aune de la desserte, de la proximité des commerces, écoles et offres de loisirs, du niveau des nuisances sonores, de la vue, etc. Les immeubles bien situés se louent plus facilement, sont moins soumis aux fluctuations de valeur et se revendent également plus aisément.
En plus de la situation, le standard d’aménagement et l’état de la construction sont d’autres facteurs que vous devriez prendre en compte lors de la décision d’achat. Définissez quels travaux d’entretien vous aurez à effectuer dans les années à venir. Les immeubles présentant un retard d’assainissement sont certes plus avantageux à l’achat, ce qui permet de réaliser des rendements supérieurs à court terme. Mais ils nécessitent des investissements plus importants à long terme.
Outre la situation, le standard d’aménagement et l’état de la construction, un autre facteur est important pour le choix de l’objet: un immeuble a beau jouir d’un excellent emplacement et être en parfait état, il ne se louera que si l’offre correspond à la demande régionale. Par exemple, les loyers et la taille des appartements dans votre immeuble locatif correspondent-ils à ce que recherchent les locataires dans la région en question?

Défi n° 2: les revenus

Examinez non seulement le bien immobilier lui-même, mais aussi sa structure locative existante et si les loyers ont été payés dans les délais par le passé. Les problèmes avec les locataires, les litiges de droit locatif et les arriérés de paiements sont autant de risques de diminution du revenu que l’on souhaite bien entendu éviter en tant que bailleur.
En plus de la situation de logement dans votre immeuble locatif, vous devriez aussi vous préoccuper de celle qui prévaut en dehors, notamment le niveau des loyers dans la région, le taux de vacance au cours des deux ou trois dernières années ainsi que l’activité de construction. Car le marché du logement régional va déterminer vos perspectives de rendement et, en fin de compte, la valeur de revente ultérieure de votre immeuble locatif.

Défi n° 3: les coûts et le taux de capitalisation

Pour qu’un immeuble de rapport soit rentable, tant les revenus que les coûts doivent être corrects. Vous vous y connaissez en gestion immobilière? Si ce n’est pas le cas, demandez avant l’achat des offres auprès de fiduciaires immobiliers qui pourront se charger de la gestion pour vous. Les coûts d’une gestion externe sont déjà relativisés si l’immeuble comporte au moins cinq unités de logement.
Tous les coûts occasionnés par votre bien immobilier sont intégrés dans le taux de capitalisation. Celui-ci est composé de deux parties: le taux d’intérêt de base, qui englobe pour l’essentiel les fonds de tiers et les fonds propres, et les coûts de gestion. Ces derniers comprennent notamment les impôts. Ils sont imputés dans le canton d’implantation de l’immeuble, où sont imposables les revenus locatifs, déduction faite des frais d’entretien et des intérêts hypothécaires, ainsi que la valeur patrimoniale du bien immobilier.

Défi n° 4: la valeur appropriée d’un immeuble locatif

Les immeubles locatifs sont des actifs recherchés, et de nombreux investisseurs sont donc prêts à y mettre le prix. Le défi consiste à ne pas payer trop cher. Pour cela, tenez-vous en strictement à la valeur de rendement.
Contrairement à une maison individuelle ou à un appartement en propriété, l’évaluation d’un immeuble locatif est effectuée en fonction non pas de la valeur vénale, mais de la valeur de rendement en règle générale. Pour la calculer, on extrapole les revenus locatifs nets annuels (c’est-à-dire les loyers après déduction des charges) au moyen d’un taux de capitalisation. Plus le taux de capitalisation choisi est faible, plus la valeur de rendement est élevée et inversement. Supposons qu’un immeuble locatif comprenne six appartements loués à des loyers nets mensuels de 2000 francs chacun, générant ainsi un revenu locatif annuel net de 144’000 francs. Pour un taux de capitalisation supposé de 4,25%, on obtient une valeur de rendement de 3,388 millions de francs (144’000 ÷ 4,25 x 100). Par contre, si l’on table, par exemple, sur un taux de capitalisation de seulement 3,5%, la valeur de rendement est de 4,114 millions de francs (144’000 ÷ 3,5 x 100).

Déroulement du financement

La banque nantit au maximum 80% de la valeur de rendement qu’elle a calculée. Le reste doit être financé par l’acheteur avec des fonds propres. À la différence d’une maison individuelle ou d’un appartement en propriété, il n’est pas possible d’utiliser les fonds de la caisse de pension et du pilier 3a.
Outre l’exigence de disposer de fonds propres suffisants, une deuxième condition doit être remplie, comme pour l’achat d’une maison individuelle ou d’un appartement en propriété, à savoir la capacité financière. Celle-ci n’est cependant pas calculée de la même manière pour un immeuble locatif que pour un logement en propriété. Ainsi, la capacité financière ne se fonde pas sur les revenus du propriétaire, mais sur les revenus locatifs nets. Après déduction des charges d’intérêts, des remboursements de dette (amortissements) et des charges, il doit résulter un excédent. Pour que cela soit le cas, il faudra peut-être apporter des fonds propres supplémentaires et choisir un taux d’avance plus bas que le maximum possible de 80%. Par exemple, selon le tableau ci-après, si l’on calcule un taux d’avance de 80%, on obtient un montant manquant de 17’500 francs. En revanche, avec un taux d’avance de 70%, on réalise un excédent de 18’800 francs, grâce à la baisse des charges d’intérêts et des coûts d’amortissement.

Calcul de la capacité financière pour un immeuble locatif
Base: valeur de rendement de 3,388 millions de francs
en francs,
avec un taux d’avance de 80%
en francs,
avec un taux d’avance de 70%
Excédent annuel-17’50018’800
Prêt hypothécaire à hauteur de 80% ou 70% de la valeur de rendement2'710’0002'370’000
Revenu locatif annuel net144’000144’000
Charge d’intérêts théorique de 4%-108’400-94’800
Amortissement à 67% du taux d’avance en 15 ans-29’400-6700
Charges 0,7% de la valeur de rendement (immeuble neuf 0,5%)-23’700-23’700

Rendement brut et rendement net: quel est le rendement d’un immeuble locatif?

Pour les immeubles locatifs, on distingue le rendement brut et le rendement net. Le rendement brut est le rapport entre les revenus locatifs nets et le prix d’achat, ce qui correspond donc au taux de capitalisation décrit ci-dessus. Cet indicateur n’est pas approprié comme base de décision définitive pour l’achat. Le rendement net est plus important: il part également des revenus locatifs nets, desquels il déduit cependant les frais de gestion, y compris les provisions, et met le résultat en rapport avec le prix d’achat. Dans l’exemple ci-dessus, le rendement net s’élève à 3,1% (revenu locatif de 144’000 francs moins 1,2% de 3,388 millions de francs divisés par 3’388’000).
Le rendement des fonds propres constitue un autre indicateur important. Il déduit des revenus locatifs nets les frais de gestion, y compris les provisions, et divise le résultat par les fonds propres utilisés. Selon l’étendue du financement par des fonds de tiers, il peut en résulter des rendements attrayants de 6 ou 7%, voire plus.

Votre alternative: investir dans des fonds immobiliers

Le bon rendement des fonds propres constitue une référence pour les risques que vous encourez en tant que propriétaire d’un immeuble locatif. Des rendements élevés reflètent toujours des risques supérieurs à la moyenne. Pour un immeuble locatif, ces risques peuvent être, par exemple, des logements inoccupés, des variations de taux, des réparations ou des modifications des conditions-cadres du droit locatif. N’oubliez pas qu’en étant propriétaire d’un immeuble locatif, vous devez peut-être immobiliser une part importante de votre patrimoine.
Par l’intermédiaire de plateformes de crowdfunding spécialisées, il est certes souvent déjà possible de devenir copropriétaire immobilier à partir de montants d’investissements de 100’000 francs. De telles parts entraînent toutefois divers inconvénients – et en particulier, le problème du manque de diversification des risques si vous n’avez investi que dans un seul objet. Si vous souhaitez prendre moins de risques ou que vous ne disposez pas des fonds propres nécessaires à l’acquisition d’un immeuble locatif, vous pouvez investir à partir de quelques centaines de francs déjà sur le marché immobilier avec le Migros Bank (CH) Fonds Swissimmo. Ce fonds immobilier investit de manière largement diversifiée dans une multitude d’immeubles résidentiels et commerciaux suisses; le gain réalisé vous est versé chaque année.

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