Anlegen Globus

L’illusion de la croissance

Bien que les marchés émergents soient en plein boom, les actions de ces régions affichent des rendements très faibles. Comment l’expliquez-vous?

Asie: la grande désillusion
Les actionnaires n’ont pratiquement pas profité du miracle économique asiatique. Produit intérieur brut et performance boursière en Asie (sauf Japon) en dollars (chiffres corrigés de l’inflation).
Les actionnaires n’ont pratiquement pas profité du miracle économique asiatique.
Produit intérieur brut et performance boursière en Asie (sauf Japon) en dollars (chiffres corrigés de l’inflation) (Index 1991=100).

Investir son argent dans des pays connaissant une croissance forte permet de profiter de rendements supérieurs à la moyenne. Le postulat semble inattaquable, hélas il est faux. Prenons l’exemple de la Chine: ces vingt dernières années, le produit intérieur brut réel (PIB) de l’Empire du Milieu a affiché une croissance annuelle atteignant parfois 10%, mais pendant la même période, les rendements boursiers n’y ont progressé que de 3% environ, pas même la moitié de la performance de de la Bourse suisse (7,6%). Le graphique ci-contre montre que les pays émergents d’Asie suivent tous la même évolution. Comment peut-on expliquer pareil décalage entre l’économie et la Bourse?

Lorsqu’un pays ou une région connaît un boom, on pourrait s’attendre à ce que les actionnaires y trouvent leur compte. Or la science aboutit à une conclusion diamétralement opposée.

Différentes études, dont certaines s’appuient sur des données remontant à 1900, indiquent en effet qu’il n’existe aucune corrélation entre la croissance du PIB d’un pays et son évolution boursière.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce résultat a sa logique. Pour que le PIB croisse rapidement, il faut des investissements. Les pays en forte croissance ont donc besoin de capitaux, que les entreprises peuvent se procurer de deux façons: soit en conservant les bénéfices et donc en ne versant qu’un faible dividende aux actionnaires, soit en augmentant leur capital. Dans ce dernier cas, les bénéfices se répartiront entre davantage d’actionnaires. Les actions des entreprises du Vieux Continent suivent une évolution inverse: malgré la croissance molle, elles dégagent des rendements appréciables. De nombreuses sociétés européennes, notamment suisses, s’appuient en effet sur des matelas de capitaux confortables. Et comme elles n’ont pas besoin de rattraper un retard d’investissement, elles distribuent la plus grande partie de leurs bénéfices à leurs actionnaires sous forme de dividendes.

De nombreux groupes suisses sont en outre partis très tôt à la conquête des marchés émergents et profitent du dynamisme des marchés locaux. C’est le cas d’ABB, de Givaudan, d’Holcim, de Nestlé Richemont, de SGS, de Swatch et de Syngenta. L’article «Le bonheur est à proximité!» fournit des informations complémentaires. Il ne faut malheureusement pas s’attendre à ce que l’Europe sorte prochainement du marasme économique dans lequel elle se débat. Malgré tout, les actionnaires ont intérêt à rester fidèles aux entreprises du Vieux Continent.

Misez-vous encore sur les actions européennes? Participez au débat!

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