La BNS rend les vacances d’été plus avantageuses

Contre toute attente, la Banque nationale suisse a resserré son taux directeur de 50 points de base. Elle renforce ainsi le franc suisse, rendant les vacances d’été en Europe plus avantageuses pour les Suisses. Les voyageurs suisses n’ont donc pas à craindre l’inflation excessive dans la zone euro.

Vu l’imminence des vacances d’été, bon nombre de Suisses en mal de congés se montreront satisfaits de la hausse des taux d’intérêt effectuée aujourd’hui. Car une telle mesure, d’autant qu’elle n’avait pas été anticipée sur les marchés financiers, donne au franc une impulsion supplémentaire face à l’euro. Les lieux touristiques de la zone euro comptant également parmi les destinations de vacances les plus prisées du pays, les voyageurs suisses bénéficieront d’un meilleur pouvoir d’achat sur leur lieu de villégiature. Ce n’est pas un point de détail, compte tenu de l’inflation galopante dans cette zone monétaire.

Allemagne: les plaisirs de la bouche sont devenus plus chers

Prenons l’exemple de l’Allemagne qui était la principale destination de voyage des Suisses avant la pandémie. En 2019, environ 2,5 millions de nuitées suisses ont été enregistrées chez notre voisin du Nord. Mais celles-ci sont devenues, entre temps, plus onéreuses et leur prix devrait continuer à augmenter. Les nuitées dans les auberges et hôtels allemands ont déjà enregistré une hausse de près de 7% par rapport au mois de juillet (celui des vacances d’été par tradition) ayant précédé la pandémie de coronavirus.

Même si cela peut sembler une augmentation acceptable, les vacances ne consistent pas seulement à avoir un hébergement, mais aussi à se restaurer. Et c’est là que l’inflation se fait vraiment sentir dans le budget alloué aux congés. Un bon dîner au restaurant? En Allemagne, il coûte en moyenne plus de 10% de plus qu’en juillet 2019, bien que cela dépende de ce qui est dans l’assiette. Alors que les fruits de mer congelés sont devenus un peu moins chers (-1,3%), commander un hareng frais au bord de la mer Baltique peut réserver des surprises: depuis l’été ayant précédé la pandémie de coronavirus, les prix des filets de poisson frais ont augmenté, en Allemagne, de plus de 17%. Seul un savoureux rôti de porc bavarois sera plus cher, la viande de porc ayant augmenté de 28% sur la même période. Toutefois, l’addition passe encore sans trop de contestation car jusqu’à présent, la bière allemande a «seulement» augmenté d’environ 3%.

La pizzeria italienne reste abordable

Le choc des prix sera sans doute moins important pour ceux qui se dirigent vers le Sud. En Italie, pays qui a enregistré plus de 2,3 millions de nuitées de touristes suisses en 2019, le taux d’inflation est nettement inférieur à celui de l’Allemagne. Cela se reflète également dans les secteurs du tourisme et de la restauration. Par rapport à l’été d’avant-crise, les prix des nuitées d’hôtel ont augmenté de près de 5%. Et même un dîner ordinaire dans une pizzeria a enregistré une hausse de 6%. Notons, au passage, que le prix des pizzas a chuté globalement d’un peu plus de 8%, qu’il s’agisse de la Margherita, de la Quatre saisons ou de la Jambon cuit et champignons, tandis que le prix moyen des pâtes a grimpé de 20%. Les prix des fruits et légumes sont, quant à eux, en hausse de plus de 30%.

Savoir vivre avec les conséquences modérées de l’inflation

Un repas léger et sain est donc devenu nettement plus cher en Italie. Qu’en est-il de la France, troisième destination la plus prisée des touristes suisses? En règle générale, depuis juillet 2019, le prix des fruits et légumes a augmenté d’environ 11% et 13% respectivement chez notre voisin occidental. Mais alors, si on espère «être comme un coq en pâte» dans ce pays, faut-il oublier les pommes ou les salades? Peut-être. Jetons donc un coup d’œil à la carte des boissons. En France, le vin a augmenté de 5%, les spiritueux et les liqueurs d’environ 2%. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles la hausse des prix au restaurant (5,5%) demeure, dans l’ensemble, relativement modérée, bien que les prix du poisson (+15,6%) et des fruits de mer (+12,6%) y soient aussi nettement plus élevés qu’au cours de l’été précédant la pandémie.

Un franc fort soulage le budget des vacances

Devons-nous donc nous serrer la ceinture dès à présent pour amortir l’inflation sur notre lieu de villégiature? Bien sûr que non! De fait, le coût de la vie pour les voyageurs suisses ne sera guère plus élevé qu’avant la pandémie. En effet, en comparaison avec juillet 2019, l’euro cote environ 8,5% de moins par rapport au franc, ce qui compense même parfois les hausses de prix respectives (voir graphique). Le franc fort compense donc le choc de l’inflation dans les destinations de vacances européennes. Qui plus est, si l’on considère le niveau absolu des prix, les frais d’hébergement et de restauration sont déjà plus bas dans bien des endroits en Allemagne, en Italie ou en France qu’en Suisse – notre position forte reste à notre avantage. Aussi, la décision prise aujourd’hui par la BNS accroît encore quelque peu la joie des vacances toutes proches!

 En euros:  En CHF:  
AllemagneFranceItalieAllemagneFranceItalie
Nuitées dans des hôtels, auberges et établissements similaires6,7%-2,0%3,9%-2,3%-10,2%-4,8%
Repas et boissons dans les restaurants, cafés, bars, etc.9,4%5,4%6,5%0,2%-3,5%-2,4%

Remarque
Inflation: variation entre le niveau de l’indice de juillet 2019 et le dernier niveau de l’indice disponible.
Changement de monnaie: EUR/CHF au 6 juillet 2019 et au 15 juin 2022
Sources: INSEE, Destatis, ISTAT, Banque Migros

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